À Bukavu, la jeune Vanessa Matunda s’impose peu à peu comme une figure montante de la coiffure homme. Résidente du quartier Nkafu, dans la commune de Kadutu, Vanessa, la vingtaine à peine, défie les préjugés en s’illustrant dans un métier encore largement dominé par les hommes. Elle fait de son talent un gagne-pain et un outil d’interpellation des femmes sur la mise en valeur de leurs compétences.
Dès son plus jeune âge, Vanessa Matunda a été fascinée par l’art de la coiffure. Mais plus encore, elle a choisi de s’orienter vers un domaine qui, dans sa communauté, restait peu ouvert aux femmes : la coiffure pour hommes. Elle s’est fait inscrire dans une école de la place pour murir sa passion et se démarquer dans son domaine souhaité.
« J’ai aimé ce travail depuis mon enfance. Je me passionnais pour ce que je voyais dans les salons de coiffure et j’adorais déjà coiffer mes camarades à l’école », confie-t-elle avec un sourire.
En 2020, elle s’est lancée dans la carrière pour rallier la théorie apprise à la pratique dans un salon de coiffure de son avenue où elle est aujourd’hui respectée pour la qualité de ses prestations.
Son quotidien n’est pourtant pas de tout repos. Vanessa a dû faire face à de nombreux obstacles : moqueries, doutes, manque de confiance de certains clients.
« Au début, plusieurs hommes hésitaient à se faire coiffer par une femme. Mais je me suis battue pour prouver que j’étais tout aussi compétente », raconte-t-elle.
Elle invite les femmes à ne pas tenir compte de toutes sortes de découragement qui pourraient constituer une limite dans la valorisation des leurs compétences.
« Il n’existe pas un métier propre aux hommes ou aux femmes. Nous avons la même chance et nous devons briser des stéréotypes qui impactent négativement sur notre confidence », insiste-t-elle.
Une inspiration pour d’autres femmes
Aujourd’hui, Vanessa Matunda espère inspirer d’autres jeunes femmes à oser franchir le pas. Pour elle, l’avenir de la coiffure à Bukavu passera aussi par une plus grande place accordée aux femmes dans ce secteur. Elle milite pour une meilleure reconnaissance et un accompagnement réel des coiffeuses afin qu’elles puissent développer pleinement leur carrière.
« Il ne suffit pas de se lancer, il faut persévérer. L’émergence passe par un professionnalisme constant et une volonté de s’imposer dans un domaine majoritairement masculin », affirme-t-elle.
Elle veut intégrer plus de femmes dans la coiffure homme par la mise en place d’un salon et centre d’encadrement des talents féminins afin de lutter contre les discriminations basées sur le genre.
Ce métier, soutient-elle, assure l’autonomisation de la femme. Il suffit donc d’y apporter une attention et considération pour espérer au progrès.
Elle rappelle que le bon comportement et le respect mutuel contribue plus dans l’évolution des femmes dans tous les métiers. C’est donc un appel à l’apaisement des cœurs pour celles qui veulent exceller dans ce métier afin de donner un autre profil à la femme congolaise.
Gisèle Bashwira.